Festival Film de Société de Royan

Festival Film de Société de Royan

Dans les coulisses du Festival du Film de Société de Royan, à la rencontre de ceux qui font vivre un cinéma qui résiste, qui questionne et qui rassemble.

Armel Toucour

Depuis 2021, le Festival du Film de Société de Royan propose chaque année pendant cinq jours des films en version originale, des débats, des rencontres avec des réalisateurs et des comédiens. Soutenu par des partenaires privés et publics, il s'ancre chaque année un peu plus sur le territoire Royan Atlantique et attire un public toujours plus nombreux. Mais qu'est-ce qui pousse des gens à créer un tel événement en province ? Qu'est-ce qui fait courir les bénévoles, les programmateurs, les jurés lycéens, les spectateurs à 9h du matin ? Et qu'est-ce que le cinéma dit de nous, de notre époque, de nos combats ? Ce podcast vous emmène dans les coulisses de la cinquième édition, à la rencontre de ceux qui font le festival — et de ceux qui le vivent. Des grands noms aux voix anonymes, des salles obscures aux couloirs du Thalazur, il raconte un cinéma qui résiste, qui questionne, qui rassemble. Parce qu'à Royan comme ailleurs, voir autrement, c'est déjà un combat.

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Qui brille au combat

Bienvenue dans le podcast dédié au Festival du Film de Société de Royan .

A l’affiche, l’humain dans tous ses états. Entre histoire d’amour, histoire de famille, histoire de combat. Je m’appelle Armel Toucour et je suis allée dans les coulisses du festival à la rencontre de celles et ceux qui le mettent en scène. Un festival porté par l'association "Royan fait son cinéma" et hébergé au cinéma Le Lido à Royan.

Episode 1 : De la préparation à la cérémonie d'ouverture
Dès le matin du premier jour, les bénévoles, véritable colonne vertébrale du festival, s'activent dans la bonne humeur pour gérer badges, listes, affiches et billetterie. Les salles sont déjà bondées à 9h et les réservations en hausse par rapport à l'année précédente.

L'ADN du festival
L'ADN du festival se dessine au fil des échanges : un espace dédié aux films de société, œuvres ancrées dans le quotidien — les relations humaines, le travail, la famille, les luttes — universelles dans leur portée, singulières dans leur regard d'auteur. 32 films sont au programme (contre 27 en 2024), dont 7 en compétition officielle et 7 en compétition jeunesse.

Les Rencontres du Sud
Les programmateurs des Rencontres du Sud, Jimi Andréani et Jean-Paul Enna, qui collaborent depuis plus de 40 ans, détaillent leur processus de sélection : festivals professionnels (Cannes, La Rochelle, Charlieu), liens envoyés par les distributeurs, et une exigence d'équilibre dans la programmation. Cette édition s'ouvre davantage au grand public avec l'adaptation de la BD "Les "Enfants de la Résistance" de Christophe Barratier, et propose une matinée dédiée à la surdité — dont le film "Elle entend pas la moto" de Dominique Fischbach, portrait intime de Manon, jeune femme sourde et lumineuse, tissé sur 25 ans d'archives familiales entre paysages alpestres et chemin de résilience, projeté en copie sous-titrée avec un interprète en langue des signes.

René Kraus
Exploitant de salles et président des Rencontres du Sud, constitue chaque année le jury professionnel en misant sur la singularité du festival — une thématique forte plutôt que la logique des avant-premières. Convaincu que le cinéma est avant tout un art, il défend que les grandes œuvres politiques, de Costa-Gavras à aujourd'hui, tirent leur puissance du prisme artistique, non de leur message : "nous parlons de cinéma, nous ne parlons pas de politique."

Jean-Luc Brunet
Les cérémonies d'ouverture et de clôture sont animées par Jean-Luc Brunet, journaliste cinéma pour Cin'écrans, dont la connaissance du milieu et le sens de l'équilibre font de lui un maître de cérémonie naturel, même s'il confie volontiers stresser dans les coulisses. Le jury réunit cette année la comédienne Valérie Bonneton, le réalisateur Frédéric Farrucci, le programmateur Thierry Laurentin et l'acteur-réalisateur Vincent Perez et la comédienne Marilou Aussilloux.

"Qui brille au combat"
L'épisode culmine avec la projection du film d'ouverture, "Qui brille au combat," de Joséphine Japy — un film intime à propos de la maladie, du combat d'une famille unie. À la sortie, une spectatrice confie avoir été profondément touchée par un film qu'elle n'aurait pas choisi spontanément — et c'est là, pour moi, toute la force du festival, nous faire voir des films qu'on n'aurait pas spontanément choisis, et qui finissent pourtant par nous toucher.

On a parlé de et avec :

Brigitte Longueville — Présidente de l'association Royan fait son cinéma
Guillaume Mousset — Directeur du cinéma Le Lido, créateur du festival (2021)
Jean-Luc Brunet — Journaliste cinéma (Cin'écrans), animateur des cérémonies
Jimi Andréani — Programmateur, Les Rencontres du Sud
Jean-Paul Enna — Programmateur, Les Rencontres du Sud
René Kraus — Exploitant de salles, président des Rencontres du Sud
Joséphine Japy — Réalisatrice du film d'ouverture "Qui brille au combat"
Dominique Fischbach — Réalisatrice de Elle entend pas la moto
Valérie Bonneton — Comédienne, membre du jury officiel
Frédéric Farrucci — Réalisateur, membre du jury officiel
Thierry Laurentin — Programmateur, membre du jury officiel
Vincent Perez — Acteur-réalisateur, membre du jury officiel
Marilou Aussilloux — Comédienne, membre du jury officiel
Karine Epenoy — Bénévole de l'association
Muriel Hervé — Bénévole et secrétaire de l'association

Musique additionnelle : Oly Gorman©

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Les Rencontres du Sud
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Le cinéma a de l'avenir

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A l'affiche, l'humain dans tous ses états. Entre histoire d'amour, histoire de famille, histoire de combat. Je m'appelle Armel Toucour et je suis allée dans les coulisses du festival à la rencontre de celles et ceux qui le mettent en scène. Un festival porté par l'association "Royan fait son cinéma" et hébergé au cinéma Le Lido à Royan.

Épisode 2 — Le cinéma a de l'avenir

Avant même le coup d'envoi du festival, le cinéma investit les salles de classe : cet épisode plonge dans le festival scolaire et le forum des métiers techniques du cinéma, deux initiatives portées par l'association Royan fait son cinéma pour transmettre l'amour du septième art dès le plus jeune âge.

Le festival scolaire, un lundi sous la pluie
Je retrouve Brigitte Longueville, présidente de l'association, autour d'un café volé entre deux urgences. Elle me décrit l'effervescence du matin : le hall du Lido déborde d'enfants, de la maternelle aux lycéens. Le festival scolaire, organisé en amont du festival grand public, propose cette année onze films sélectionnés par Jean-Paul Enna parmi une quinzaine. Chaque film est accompagné d'un dossier pédagogique mis à disposition des enseignants, qui préparent — ou non — la séance selon leur approche. Des débats avec des intervenants spécialistes sont organisés quand les contraintes de transport et de cantine le permettent.

Les tout petits au cinéma pour la première fois
Je suis une cohorte de maternelles qui sortent ravis de "La Petite Fanfare de Noël". La maîtresse de l'école La Clairière me confie que pour deux élèves, c'était la toute première fois au cinéma. Derrière cette sortie, un vrai projet pédagogique : travailler l'histoire, les personnages, les lieux, et même inventer une nouvelle histoire à partir du film. Philippe Dewers, qui accompagne la classe, sourit en entendant un enfant affirmer avoir adoré les cinq courts métrages — il n'y en avait que quatre.

Les lycéens face à L'Étranger
À la sortie de la projection du film "L'Étranger", je rencontre Madame Gautier, professeure de lettres-histoire au lycée de l'Atlantique de Royan, qui emmène ses classes au festival chaque année. Pour elle, le cinéma d'auteur offre un espace de réflexion culturelle et philosophique unique, sur des questions universelles comme le rapport à la mort, à Dieu, à la société. Une lycéenne me confie avoir été troublée par le décalage du personnage principal, mais avoir fini par le comprendre malgré elle.

Christophe Barratier et "Les Enfants de la Résistance"
Au Thalazur, je profite de l'interview accordée par Christophe Barratier, réalisateur des "Choristes", venu présenter son adaptation de la bande dessinée Les Enfants de la Résistance. Il explique comment il a voulu respecter les physiques des personnages connus des lecteurs tout en insufflant légèreté et humour à une période sombre. Le film, projeté le samedi pour inviter les familles au dialogue intergénérationnel, est seulement à sa deuxième présentation publique. Barratier évoque aussi la mémoire particulière de la côte atlantique, très marquée par l'Occupation.

Jean-Paul Enna sur le festival scolaire : les chiffres
En table ronde avec Jean-Luc Brunet, Jean-Paul Enna détaille l'édition scolaire, décalée cette année par rapport au festival grand public pour plus de fluidité dans les programmations. Elle s'est tenue du 24 au 28 novembre au Lido et à la salle Michel Legrand de Saint-Palais, avec quinze films dont neuf d'animation. 2 357 enfants ont été accueillis. La grande nouveauté : une sélection spécialement pensée pour les maternelles, accueillies pour la première fois. Jean-Luc Brunet y voit un message fort adressé aux décideurs politiques et à l'Éducation nationale : l'éducation à l'image doit commencer le plus tôt possible.

Les actions de l'association tout au long de l'année
En prélude au festival, le CRÉA de Saint-Georges accueillait une table ronde sur La salle de cinéma comme fenêtre sur les sujets de société. Brigitte y décrit les initiatives menées à l'année par l'association : quizz cinéma dans les quartiers, ciné-débat sur la justice restaurative à Saint-Palais, et le forum des métiers techniques du cinéma. L'ambition est claire : toucher un public qui ne fréquente pas les salles et montrer aux jeunes, dès le CAP ou BEP, que le cinéma offre bien plus de métiers que ceux d'acteur, réalisateur ou producteur.

Le Forum des métiers techniques du cinéma au CRÉA
Je me rends à vélo au CRÉA de Royan où se tient ce forum. Je rencontre Kaine Epenoy, bénévole depuis la création de l'association, qui coordonne l'organisation des quelque 40 à 50 bénévoles du festival. Elle décrit un travail important : fiches de poste, plannings, emplois du temps imbriqués. Son mari gère les votes du public.

Jean-Marie Deleau, journaliste anciennement sur TF1, passé figurant dans Les Demoiselles de Rochefort à l'âge de huit ans, a animé les débats du forum. Il souligne la qualité des intervenants, leur passion communicative, et la valeur de parcours atypiques mis en lumière lors de ces rencontres. Brigitte Longueville ajoute que ce qui unit tous ces métiers, c'est l'amour du travail en équipe.

Deux étudiants du lycée de la mer et du littoral de Bourcefranc-le-Chapus sont venus chercher des conseils pour réaliser un court métrage dans le cadre de leur BTS — ils partent de zéro. Maximilien Bert-Pallier, réalisateur local d'une trentaine de courts métrages, les accompagne et leur donne des conseils concrets. Une lycéenne, elle, découvre avec enthousiasme des métiers qu'elle connaissait de nom — accessoiriste, décorateur — sans en imaginer la réalité.

Arnaud Gendre, chef monteur croisé par hasard dans un restaurant en face du festival, a rejoint le forum sur l'impulsion de Brigitte, avant de proposer à Sud Ouest de réaliser des capsules vidéo sur le festival avec Philippe Leweurs, chef opérateur.

L'épisode se clôt sur un extrait musical du film Furcy Heritage, évocateur du souffle du festival.

On a parlé de et avec :

Brigitte Longueville — Présidente de l'association Royan fait son cinéma
Jean-Luc Brunet — Journaliste cinéma (Cin'écrans), animateur des cérémonies
Jean-Paul Enna — Programmateur, Les Rencontres du Sud
Christophe Barratier — Réalisateur (Les Choristes, Les Enfants de la Résistance)
Jean-Marie Deleau — Journaliste (ex-TF1), animateur des débats du forum
Kaine Epenoy — Bénévole et membre du bureau de l'association
Maximilien — Réalisateur local de courts métrages
Philippe Leweurs — Chef opérateur, réalisation de capsules pour Sud Ouest
Arnaud Gendre — Chef monteur. Forum des métiers techniques du cinéma
Madame Gautier — Professeure de lettres-histoire, lycée de l'Atlantique de Royan
Maîtresse de maternelle (anonyme) — École La Clairière
Lycéenne (anonyme) — Élève du lycée de l'Atlantique, a vu L'Étranger
Raphaël et Pierre — Étudiants en BTS, lycée de la mer et du littoral de Bourcefranc-le-Chapus
Lycéenne (anonyme) — Participante au forum des métiers

Musique additionnelle :
Festival du film : Oly Gorman©
Extraits : Album "Furcy Héritage" : Abd Al Malik/Mattéo Falkone
Extraits bande annonce film : "Les Enfants de la Résistance" ; "La petite fanfare de Noël" ; "L'étranger"

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Un autre soleil

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A l'affiche, l'humain dans tous ses états. Entre histoire d'amour, histoire de famille, histoire de combat. Je m'appelle Armel Toucour et je suis allée dans les coulisses du festival à la rencontre de celles et ceux qui le mettent en scène. Un festival porté par l'association "Royan fait son cinéma" et hébergé au cinéma Le Lido à Royan.

Épisode 3 — Un autre soleil

Six lycéens devenus juré le temps d'une semaine, et une rencontre inoubliable avec Abd Al Malik : cet épisode plonge dans l'aventure humaine du jury jeunesse et dans l'univers d'un artiste qui croit, profondément, que l'Art peut changer le monde.

Le prix jeunesse : présentation du jury
Je retrouve Jean-Luc Brunet et Jean-Paul Enna lors de la cérémonie d'ouverture pour la présentation du prix Jeunesse Cinéma. Ce prix, initié l'année précédente, est remis par un jury de six lycéens du lycée professionnel de l'Atlantique à Royan. Ils sont accompagnés de deux encadrantes : Marion Mogrillot, professeure de lettres et d'histoire, et Fanny Fleuret, référante jeunesse. La compétition jeunesse compte sept films de cinq nationalités différentes. Frédéric Farrucci, membre du jury professionnel, souligne l'importance de cette démarche : sensibiliser la jeunesse au cinéma de société, c'est préparer le public de demain.

Le jury jeunesse se raconte
Je croise les six jurés tout au long de la semaine — à la sortie des projections, dans le hall, autour d'un chocolat chaud à l'heure du déjeuner. Ils se prénomment Iris, Alix, Jalil, Thibault, Aïssata et Francky. Jalil me confie qu'ils ont été recrutés un peu à l'improviste. Certains vont rarement au cinéma faute de moyens, d'autres, comme Jalil, y vont presque très souvent. Tous ont plongé dans l'exercice avec sérieux : noter chaque film sur une grille d'une dizaine de critères établie par Fanny Fleuret — thématique, personnages, casting, problème sociétal — pour atteindre une note sur 60, puis débattre pendant des heures pour défendre leurs coups de cœur. Jalil résume bien la difficulté : rester objectif quand on se retrouve dans certains films et pas dans d'autres. Aïssata, elle, avoue avoir pleuré du début à la fin de presque tous les films. Le groupe est soudé, chaleureux, et manifestement transformé par l'expérience.

Marion et Fanny, les encadrantes
Marion Mogrillot et Fanny Fleuret forment selon leurs propres mots "une bonne équipe". Marion accompagne et guide sans interférer : les jeunes sont les juges. Fanny a conçu la grille de notation pour garantir l'objectivité tout en laissant place au ressenti et à l'argumentation. Toutes deux observent avec plaisir que les lycéens débattent avec leur cœur — et que c'est précisément ce qui rend leurs choix précieux.

La rencontre avec Abd Al Malik
Ce soir-là, exceptionnellement, quatre membres du jury restent plus tard que prévu. Ils ont rendez-vous avec Abd Al Malik, réalisateur du film "Furcy, né libre", en compétition jeunesse. Leurs questions sont soigneusement préparées. La rencontre est immédiate, chaleureuse, presque intime. Abd Al Malik, visiblement touché par l'attention et la maturité de ces jeunes, leur raconte avec générosité la genèse du film.

Abd Al Malik raconte Furcy
La naissance du projet remonte à 2010, lors d'un concert à La Réunion. Des jeunes lui tendent un livre — L'Affaire de l'esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui, tout juste prix Renaudot — en lui demandant d'en tirer une pièce de théâtre. Il lit, mais ne se sent pas prêt. Il range le livre. Puis, au fil des années, des coïncidences s'accumulent : les commémorations de l'abolition à Nantes aux côtés de Patrick Chamoiseau et Françoise Vergès, le film Birth of the Nation aux États-Unis, l'exposition Le modèle noir au musée d'Orsay, l'affaire George Floyd, l'affaire Adama Traoré. Jusqu'au jour où le producteur Étienne Comar lui tend exactement le même livre — dix ans jour pour jour après la première fois. Cette fois, il est prêt.

Abd Al Malik explique aux jeunes les messages qu'il a voulu porter
La liberté, la justice, mais surtout l'éducation comme acte de résistance. Furcy a appris à lire et à écrire en secret — et c'est cela qui a tout rendu possible. Abd Al Malik s'y reconnaît : "Furcy, c'est moi." Lui aussi a grandi dans une cité, et c'est le savoir, l'école, les enseignants qui l'ont construit. Il dessine aussi un parallèle entre le combat de Furcy pour le sol libre et le débat contemporain sur le droit du sol, dans une France qu'il veut célébrer — celle des valeurs universelles et de la justice. Il rappelle que le combat de Furcy a duré près de 30 ans, sans violence : une leçon de temps long pour les jeunes d'aujourd'hui.

Réenchanter le monde ?
À ma question sur le cinéma et sa capacité à réenchanter le monde, Abd Al Malik répond qu'il ne peut pas seulement le faire — il le doit. Le cinéma, comme la musique, travaille directement les imaginaires. Il cite Scarface, qui a coûté la vie à des amis de sa génération. En contrepoint, il a conçu Furcy, né libre comme un objet artistique de réconciliation, prolongé par l'album Furcy Héritage — avec Soprano, Youssoupha, Oxmo Puccino, Benjamin Epps et d'autres. Il se définit lui-même comme un "raconteur d'histoires" dont le liant est la poésie. Quand je lui rappelle qu'on l'a comparé à Brel à l'époque de l'album Gibraltar, il sourit : il a eu la chance d'être ami avec Gérard Jouannest, pianiste et co-compositeur de Brel, et d'avoir Juliette Gréco comme marraine dans le métier. "C'est un honneur, c'est une punchline journalistique, mais c'est un honneur."

La cérémonie de clôture : le palmarès jeunesse
Quatre jours plus tard, lors de la cérémonie de clôture, les six jurés montent sur scène. Chacun présente un film : Jalil parle de J"usqu'à l'aube", film japonais sur la maladie mentale et physique. Aïssata évoque Le "Gâteau du Président", sur les enfants dans la guerre. Francky, anglaise, défend "Le Garçon qui faisait danser les collines". Thibault présente "Une Année Italienne", sur le harcèlement et l'inclusion des femmes dans les métiers techniques. Iris parle de "Ma Frère", sur les liens familiaux et amicaux. Alix défend "La Danse des Renards", sur la pression exercée sur les jeunes. Le film lauréat — celui qu'aucun n'a cité — est révélé dans un suspense savamment orchestré par Jalil et Aïssata : c'est "Furcy, né libre" d'Abd Al Malik, pour son traitement à propos de l'esclavagisme, de la justice et de la liberté. Abd Al Malik, déjà reparti, adresse un message vidéo au jury :C'est un honneur et un encouragement à continuer à faire.

Jalil résume la semaine en un mot : magique. De A à Z.

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Extraits : Album "Furcy Héritage" : Abd Al Malik/Mattéo Falkone

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Jean-Luc Brunet — Journaliste cinéma (Cin'écrans), animateur des cérémonies
Jean-Paul Enna — Programmateur, Les Rencontres du Sud
Frédéric Farrucci — Réalisateur, membre du jury professionnel
Abd Al Malik — Réalisateur, rappeur, poète,
Yamina Miara — Proviseure du Lycée de l'Atlantique
Marion Mogrillot — Professeure de lettres et d'histoire, lycée professionnelle de l'Atlantique, encadrante du jury jeunesse
Fanny Fleuret — Référante jeunesse, lycée professionnelle de l'Atlantique, encadrante du jury jeunesse
Jalil Elazhary — Lycéen, membre du jury jeunesse (bac pro IPB, lycée de l'Atlantique)
Iris La Chaumette — Lycéenne, membre du jury jeunesse (CAP taille de pierre, lycée de l'Atlantique)
Aïssata — Lycéenne, membre du jury jeunesse (aménagement et finition du bâtiment, lycée de l'Atlantique)
Thibault — Lycéen, membre du jury jeunesse (bac pro IPB, lycée de l'Atlantique)
Alix — Lycéenne, membre du jury jeunesse
Francky — Lycéenne anglaise, membre du jury jeunesse

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Un cinéma engagé

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A l'affiche, l'humain dans tous ses états. Entre histoire d'amour, histoire de famille, histoire de combat. Je m'appelle Armel Toucour et je suis allée dans les coulisses du festival à la rencontre de celles et ceux qui le mettent en scène. Un festival porté par l'association "Royan fait son cinéma" et hébergé au cinéma Le Lido à Royan.

Épisode 4 — Un cinéma engagé

Un film de Raoul Peck "Orwell, 2+2=5" qui boulverse, un réalisateur qui arrive en trombe dans un pick-up rouge, et les coulisses d'un festival né d'une passion : cet épisode explore ce que le cinéma engagé fait à ceux qui le voient, à ceux qui le portent et à ceux qui ont choisi d'en faire leur vie.

2+2=5
Je sors de la projection du documentaire Orwell 2+2=5 de Raoul Peck, abasourdie. J'échange avec une spectatrice à la sortie : elle est bouleversée, cherche ses mots, dit qu'il faut "digérer". Elle sent que le film appelle à une prise de conscience collective — pas à une réaction individuelle, mais à un sursaut d'ensemble. Jean-Luc Brunet, lui aussi marqué, souligne que la salle était pleine et le public vraiment touché. Il fait le lien avec le discours d'Abd Al Malik la veille : la culture est un pouvoir, presque politique, qu'il faut protéger d'autant plus sur les territoires où l'offre est naturellement plus limitée.

La table ronde au CRÉA, cinéma de territoire et diffusion en Charente-Maritime
En prélude au festival, l'association CRÉA, en partenariat avec Royan fait son cinéma, a organisé à la salle de la Passerelle à Meschers-sur-Gironde une table ronde sur le thème La salle de cinéma comme fenêtre sur les sujets de société, animée par Jean-Luc Brunet.

Je retrouve Jimi Andréani des Rencontres du Sud qui dresse un constat lucide : la multiplication des films en salle — de 152 par an à l'origine à près de 750 aujourd'hui — noie le public, qui a besoin d'être guidé. Or les moyens financiers pour créer de l'événementiel et orienter ce public se réduisent. Il pointe aussi une fragilité structurelle dans les zones rurales : le public cinéphile traditionnel vieillit, les jeunes partent en ville, et le renouvellement ne se fait pas malgré les dispositifs scolaires. La question centrale, selon lui : comment faire vivre nos salles avec un public qui s'amenuise?

Marianne Rossi,
Coordinatrice de Ciné Passion 17, présente l'association qui fédère treize salles indépendantes de Charente-Maritime. Son rôle : soutenir les auteurs, les boîtes de production et de distribution du territoire, et diffuser leurs films. La mise en réseau permet aussi de mutualiser les frais lors des tournées de réalisateurs.

Chloé Deleforge, directrice et programmatrice de l'association CRÉA,
Chloé explique la force du label Art et Essai — un jury national qui sélectionne chaque année une cinquantaine de films reconnus pour leur qualité esthétique et le regard d'auteur qu'ils portent. Elle raconte son parcours : des études littéraires, une option cinéma en khâgne, une attirance pour le documentaire, puis un tour du monde de deux ans avec son compagnon pour réaliser un webdocumentaire sur les maisons écologiques. Cette expérience lui a montré l'énergie colossale que demande la production d'un film — et l'a convaincue qu'elle préférait aider les autres à diffuser leurs œuvres plutôt que de se battre seule derrière une caméra. Elle dirige le CRÉA depuis, un centre culturel de Saint-Georges-de-Didonne actuellement hors les murs pour travaux, accueilli provisoirement par Meschers. Face aux plateformes et aux multiplexes, sa réponse : la proximité, le lien social, la convivialité — cinéma en plein air, ciné-quiz, ciné-karaoké, esprit de guinguette.

Benoît Delépine et Animal Totem
Sur le parking du Lido, une légère tension monte : Benoît Delépine, réalisateur du film Animal Totem, est introuvable alors qu'il doit intervenir dans quelques minutes. Brigitte reste confiante. Puis arrive en trombe un pick-up rouge — c'est lui, retardé par les embouteillages du marché de Noël à Saint-Palais. Il monte sur scène avant même que le générique soit terminé.

Benoît Delépine raconte la genèse du film : il habite à la campagne près d'Angoulême quand un projet d'usine à bitumineux menaçait de s'installer à dix kilomètres de chez lui, dans le vent, à proximité d'agriculteurs bio et d'écoles. Il a rejoint un collectif, organisé des manifestations et des réunions. Pendant qu'il tournait, le projet d'usine a été abandonné. Résultat : un film militant qui se termine sur une victoire réelle. Il encourage chacun à ne pas se résigner : "Il suffit parfois de réagir pour que ça ne se fasse pas." Emmanuel, un spectateur, le résume en quelques mots : "Le fond et la forme sont vraiment unis. C'est une grosse leçon de cinéma et d'humanité."

Guillaume Mousset, l'origine du festival
Je rencontre Guillaume Mousset, directeur du cinéma Le Lido, créateur du festival en 2021. Il m'explique que l'idée a germé pendant le Covid : avec le cinéma fermé l'équivalent d'un an, il a travaillé comme s'il avait un emploi à plein temps pour préparer un dossier de 23 pages, présenté à la mairie de Royan — à Nadine David, élue à la culture, et à Adeline Masset, directrice de la culture. Feu vert obtenu en mars 2021, l'association Royan fait son cinéma est créée dans la foulée, avec son frère. Guillaume en est le premier président, avant de démissionner pour éviter un conflit d'intérêt et de devenir directeur du festival dès la deuxième édition.

Il me confie ses motivations initiales : convaincre les distributeurs de confier des équipes de films au Lido toute l'année — pari réussi, avec aujourd'hui une dizaine d'équipes qui viennent en dehors du festival. Deuxième objectif : apporter un dynamisme culturel à Royan l'hiver, pour que la ville soit attractive au-delà de la saison estivale. Il reconnaît cependant que le festival cible principalement un public senior — la démographie de Royan, avec trois fois plus de seniors qu'à Saintes, l'explique naturellement.

Son parcours personnel est celui d'un amoureux du cinéma : bénévole au cinéma Le Dietrich à Poitiers pendant ses études, CAP de projectionniste passé en candidat libre, puis une montée en responsabilités jusqu'à devenir directeur du Lido à l'ouverture du multiplexe.

Thibault Stipal,
Photographe présent sur le festival, conclut l'épisode avec légèreté : "Je ne fais que kiffer. On m'amène que des gens merveilleux à photographier."

Musique additionnelle :
Festival du film : Oly Gorman©
Extraits bande annonce film : "L"Orwell, 2+2=5" ; "Animal Totem"

On a parlé de et avec :
Jean-Luc Brunet — Journaliste cinéma (Cin'écrans), animateur des cérémonies et de la table ronde
Jimi Andréani — Programmateur et exploitant, Les Rencontres du Sud
Marianne Rossi — Coordinatrice de l'association Ciné Passion 17
Chloé Deleforge — Directrice et programmatrice de l'association CRÉA (Saint-Georges-de-Didonne)
Benoît Delépine — Réalisateur du film Animal Totem
Guillaume Mousset — Directeur du cinéma Le Lido, créateur du festival
Thibault Stipal — Photographe
Brigitte Longueville — Présidente de l'association Royan fait son cinéma
Spectatrice (anonyme) — Avis public après la projection d'Orwell 2+2=5
Emmanuel — Avis public après la projection d'Animal Totem

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Une respiration nécessaire

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A l'affiche, l'humain dans tous ses états. Entre histoire d'amour, histoire de famille, histoire de combat. Je m'appelle Armel Toucour et je suis allée dans les coulisses du festival à la rencontre de celles et ceux qui le mettent en scène. Un festival porté par l'association "Royan fait son cinéma" et hébergé au cinéma Le Lido à Royan.

Épisode 5 — Une respiration nécessaire

Cérémonie de clôture, bilans à chaud et derniers mots de ceux qui font le festival : cet épisode final rend hommage à toutes les forces vives — artistes, bénévoles, organisateurs, jury — qui ont fait de cette cinquième édition une respiration nécessaire.

Le cinéma comme espace de resocialisation
L'épisode s'ouvre sur une spectatrice qui témoigne avec émotion : traversant une période difficile, elle s'était repliée sur elle-même. Le cinéma lui a permis de resocialiser en douceur — être dans une salle, entourée de gens, sans l'obligation d'interagir. "Et ça a marché." Une image forte qui dit, en quelques mots, pourquoi un tel festival est bien plus qu'un événement culturel.

La cérémonie de clôture : un bilan en chiffres et en applaudissements
J'assiste à la cérémonie de clôture au Lido. Brigitte Longueville, présidente de l'association, souligne d'emblée la grande qualité de la sélection de cette cinquième édition — une sélection que certains journalistes présents ont confié envier. Elle annonce les chiffres : un record de 1 854 spectateurs sur la seule journée du vendredi, pour un total estimé entre 8 000 et 9 000 spectateurs sur l'ensemble du festival, scolaires compris. Jimi Andréani confirme : les entrées ont explosé, les gens sont ravis, c'est "que du bonheur".

Yazid Manou, attaché de presse national du festival, se réjouit d'avoir décroché la couverture du site Le Bleu du Miroir, avec le journaliste Thomas Périllon venu de Paris pour toute la semaine, et d'avoir fait de Télérama un partenaire du festival pour la première fois.

Laurence Lega, coordinatrice générale du festival côté Rencontres du Sud, présente l'étendue de son travail : communication tous azimuts (papier, réseaux, presse, mairies), gestion des inscriptions professionnelles, logistique du jury, accueil des équipes de films, mise en place technique au cinéma. Basée en Île-de-France, elle travaille pour les Rencontres du Sud depuis leur création il y a quinze ans, et intervient également au festival d'Arras et au Festival de Cannes. Pour elle, ce qui distingue Royan, c'est l'attachement des gens à leur territoire — un désir de le défendre et de le faire rayonner qui se ressent immédiatement. Elle observe aussi que le public qui n'était pas là à 9h du matin les premières années est désormais au rendez-vous : "On a proposé, il a choisi."

Les artistes du festival : Thibault Stipal et Kael
Jean-Luc Brunet rend hommage aux artistes locaux qui accompagnent le festival depuis ses débuts. Thibault Stipal, photographe, capte depuis la première édition les portraits des équipes de films, du jury, des réalisateurs et des comédiens. Il expose ses photos dans les couloirs du cinéma chaque année, les visages de l'édition précédente accueillant les festivaliers de la suivante. Pour lui, travailler pour ce festival à Royan, sa ville natale où il s'est réinstallé, est une forme d'engagement : "Je suis d'autant plus fier de le faire ici."

Kael (Michael Fleury), peintre et sculpteur, signe pour la troisième année consécutive l'identité visuelle du festival. L'aventure a commencé dans l'urgence — deux mois pour créer une toile, la photographier et décliner toute la campagne — mais la rencontre avec Brigitte et l'équipe a suffi à le convaincre. Ses affiches mêlent l'architecture locale, l'humain et le cinéma : "Festival du film de société, ça m'a parlé direct." Il a sa galerie et son atelier à Saint-Palais-sur-Mer.

Les créateurs des trophées : l'Atelier Kazehana & Tuillière
Harumi Kazehana, et Julien Thuillier, de l'Atelier Kazehana & Tuillière, ont conçu et fabriqué les trophées remis lors de la cérémonie. Harumi dessine, Julien donne vie au dessin en le transformant en objet physique — "beau, élégant, esthétique, entre l'art et la fonctionnalité." Trois exemplaires identiques ont été réalisés. L'atelier est installé sur le territoire depuis huit ans, né d'une collaboration démarrée au Mexique en 2012. C'est une rencontre avec Brigitte Longueville, et le regard partagé du photographe Thibault Stipal, qui les a conduits à rejoindre l'aventure du festival.

La 25e Image : un club vidéo au service du festival
Je rencontre Philippe, membre de La 25e Image, atelier vidéo club de Royan, présent pour réaliser un film express de trois minutes résumant le festival — un condensé de plusieurs heures de rushes. Une passion, pas un métier.

Le jury professionnel prend la parole
Vincent Perez, président du jury professionnel, monte sur scène avec Valérie Bonneton, Marilou Aussilloux, Frédéric Farrucci et Thierry Laurentin. Vincent Perez salue l'esprit "extrêmement généreux" du festival et le travail colossal accompli avec bienveillance. Valérie Bonneton remercie chaleureusement les équipes et les bénévoles. Thierry Laurentin prend la parole pour rappeler une vérité souvent méconnue : le cinéma français n'est pas subventionné, il appartient à ses spectateurs — chaque place achetée alimente un fonds de soutien qui permet d'entretenir les salles et de maintenir la diversité unique de l'offre cinématographique française. "C'est notre exception. C'est vraiment très précieux."

Les bénévoles : Laurent, fidèle serviteur du festival
Je rencontre Laurent, bénévole à l'espace VIP, qui officie au bar, en cuisine et à la plonge, "là où on lui dit d'être". Ancien professionnel de l'événementiel culturel, il retrouve ici l'ambiance de ses années actives, sans les responsabilités. Sa raison d'être bénévole : "La cause est belle. C'est toujours plus intéressant de donner son temps sur un truc qui a du sens."

Le palmarès
Le prix du jury professionnel est remis au film Les Dimanches (Los Domingos) de Alauda Ruiz de Azua, présenté par Vincent Perez avec une formule à la fois poétique et incisive sur le voile comme "cri silencieux d'une enfant qui n'a pas été suffisamment aimée." Le prix du public et le prix du jury jeunesse ont tous deux été décernés au film Furcy, né libre d'Abd Al Malik.

L'épisode se clôt sur deux mots forts. Benoît Delépine répond à ma question sur la capacité de l'art à réenchanter le monde : "Il suffit de regarder le monde tel qu'il est, différemment, pour qu'il soit tout d'un coup extraordinaire." Et Brigitte rend hommage à Jean-François Piet, dirigeant de l'agence Artsgraphik, disparu, à qui cette cinquième édition est dédiée.

On a parlé de et avec :

Brigitte Longueville — Présidente de l'association Royan fait son cinéma
Jean-Luc Brunet — Journaliste cinéma (Cin'écrans), animateur des cérémonies
Jimi Andréani — Programmateur et exploitant, Les Rencontres du Sud
Laurence Lega — Coordinatrice générale du festival, Les Rencontres du Sud
Yazid Manou — Attaché de presse national du festival
Vincent Perez — Acteur-réalisateur, président du jury professionnel
Valérie Bonneton — Comédienne, membre du jury professionnel
Marilou Aussilloux — Comédienne, membre du jury professionnel
Frédéric Farrucci — Réalisateur, membre du jury professionnel
Thierry Laurentin — Programmateur, membre du jury professionnel
Thibault Stipal — Photographe officiel du festival
Kael (Michael Fleury) — Peintre et sculpteur, auteur des affiches du festival
Harumi Kazehana — Designer, co-créatrice des trophées (Atelier Kazehana-Tuillière)
Julien Tuillière — Artisan d'art, co-créateur des trophées (Atelier Kazehana-Tuillière)
Laurent — Bénévole à l'espace VIP
Philippe Mourriller — Membre de La 25e Image, atelier vidéo club de Royan
Benoît Delépine — Réalisateur du film Animal Totem
Spectatrice (anonyme) — Témoignage sur le cinéma comme outil de resocialisation
Jean-François Piet — Dirigeant de l'agence Artgraphik. Cette 5ème édition lui est dédié.
Philippe — 25è image- Atelier Vidéo Royan

Musique : Oly Gorman©

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